Pour protéger la planète : achetons-la !

27 septembre 2013 7 h 53 min3 commentaires

Tel est le leitmotiv de l’initiative américaine YES : Your Earth Share. Lancée en 2012, la jeune entreprise milite pour la protection de la nature en proposant à monsieur et madame tout le monde de devenir propriétaires fonciers afin de protéger une parcelle de Terre.

Acheter pour protéger

Your-Earth-Sare

El Calafate/Wikimedia Commons

L’idée est simple, YES achète des terrains sauvages (non habités et non protégés par des ONG ou des Etats), partout dans le monde, les divisent en parcelles de quelques mètres carré et les revend sur son site pour une centaine d’euros à des particuliers. En retour, l’acheteur reçoit un titre de propriété ainsi que la possibilité de visiter ses nouvelles terres quand bon lui semble.

L’échange de bons procédés permet au nouvel acquéreur de participer à la protection de l’environnement, en s’engageant à ne pas modifier l’état de la parcelle achetée, et à YES de réinvestir 90% de ses bénéfices dans l’achat de nouvelles parcelles à protéger. Afin de garantir que ces investissements se fassent bien au profit de l’achat de nouvelles terres, la société est auditée chaque année par Grand Thorthon.

Diviser pour dissuader

YES prend également en charge les taxes auxquelles ces parcelles sont soumises pendant les dix premières années, ensuite le propriétaire a le choix entre assumer à son tour les charges ou renoncer à ses droits et libérer la parcelle.

Lorsqu’elle achète ces terrains, la jeune start-up rentre en compétition avec d’autres promoteurs ou prospecteurs pétroliers et chaque parcelle acquise devient alors une parcelle à l’abri du développement urbain, de la déforestation ou plus largement d’un écocide. De plus, en proposant ces terres à des particuliers aux quatre coins du globe, YES s’assure qu’il sera extrêmement difficile pour de potentiels acquéreurs immobiliers de racheter les terrains de l’ensemble des particuliers.

Des terrains dans le monde entier

Aujourd’hui, via le site de YES, il est possible d’acquérir des parcelles au Paraguay, USA, Canada et Finlande seulement, mais l’entreprise ne compte pas s’arrêter là. De nouveaux projets d’acquisition sont en cours au Brésil, Espagne, Cameroun, Bulgarie ainsi qu’en Russie.

YES souhaite ainsi agir en complémentarité des Etats et des ONG de protection de l’environnement et chaque propriétaire pourrait être exproprié si un gouvernement en faisait la demande. En clair, il ne s’agit pas d’une solution miracle mais plutôt d’une nouvelle option pour celles et ceux qui souhaitent investir dans la sauvegarde de la planète d’une manière originale.

Une belle initiative, dont le prix à payer serait, pour une fois, au profit de l’environnement et non à ses dépens.

Pauline Coiffard

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3 commentaires

  • La planète appartient déjà aux riches.
    Pourquoi ne pas mettre en commun (parc nationaux) plutôt que de privatiser ?

  • C’est un très bon concept. Il ne faut plus compter sur les gouvernements pour protéger de nouveaux espaces, mais sur des moyens privés, et le grand nombre de propriétaires sur un même secteur évite qu’il ne se fasse racheter à des fins d’exploitation. Concrètement, ça ne doit pas être facile à mettre en œuvre, mais espérons que ça fonctionne !

  • Il me semble que ce moyen d’action avait été mis en oeuvre avec succès pour protéger le site du projet de la centrale nucléaire à Plogoff, dans le Finistère. Il s’agissait à l’époque de lutter contre un projet « d’intérêt général » porté par l’état. La multiplicité de petits propriétaires rendait en effet l’expropriation complexe. Mais cette action isolée aurait-elle suffi à bloquer le projet ? Sans doute pas…

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