Phelophepa : des trains médicalisés sillonnent l’Afrique du Sud pour soigner les plus démunis

22 août 2013 16 h 44 minDéposez le 1er commentaire

Un train médicalisé traverse l’Afrique du Sud depuis 1994 pour soigner les patients défavorisés. Véritable clinique sur rails, le « Phelophepa » permet de lutter contre les déserts médicaux du pays qui compte seulement 1 médecin pour 5000 habitants. Depuis 2012, un deuxième train sillonne les régions reculées de la nation arc-en-ciel. Surnommés « trains de l’espoir », ces hôpitaux roulants ont accueilli plus de 5,5 millions de personnes.

5,5 millions de personnes soignées

Phelophepa

© Des trains pas comme les autres

Combinaison de mots en langues Sotho et Tswana, « Phelophepa » signifie « bonne santé ». Bien nommé, le train médicalisé a fait ses premiers tours de roues en 1994. Depuis, cet hôpital sur rails a fait du chemin et a même vu naître un petit frère en 2012. Au total, Phelophepa I et II ont soigné plus de 5,5 millions de personnes à la faveur de 200.000 km parcourus.

Financés aux deux tiers par la fondation de l’entreprise ferroviaire Transnet, les Phelophepas sillonnent 9 mois de l’année, de janvier à septembre, le territoire de la nation arc-en-ciel jusqu’en ses provinces les plus reculées. Objectif : aller à la rencontre des personnes qui jouissent d’un faible accès aux soins. Certains patients voient un médecin pour la première fois de leur vie.

68.000 ordonnances

Chacun de ces hôpitaux roulants se compose de 18 wagons auxquels sont associés des spécialités telles que la dentisterie, l’ophtalmologie, la pharmacie ou encore la psychiatrie. Outre les soins généraux qui y sont assurés, les Phelophepas proposent également le dépistage de certains cancers.

A bord de chaque train s’affairent 20 médecins épaulés par une quarantaine d’étudiants en médecine et d’élèves infirmières. Depuis 1994 les équipes médicales de ceux que l’on surnomme les « Trains de l’espoir » ont délivré pas moins de 68.000 ordonnances. Et plus de 20.000 étudiants y sont venus parfaire leur formation lors de stages.

Des soins quasi-gratuits

En pratique, le train stationne dans une gare pendant 5 jours. Informés en amont du passage du Phelophepa, les habitants des villages environnants affluent en masse. Les consultations se font sans rendez-vous. Autrement dit les premiers arrivés sont les premiers soignés. Côté frais, les consultations, examens et autres dépistages sont gratuits.

Certaines choses restent toutefois payantes. L’ordonnance est ainsi facturée 50 centimes d’euro. Il faut compter 1 euro pour l’arrachage d’une dent. La paire de lunettes réalisée sur place coûte elle 3 euros. Des sommes modestes mais néanmoins importantes pour des populations défavorisées. « La plupart des gens tiennent à payer car cela leur donne une dignité » indiquent les responsables des Phelophepas.

Sensibilisation et socialisation

Non content de recevoir les patients lors des arrêts en gare, le personnel médical part aussi à la rencontre des élèves des écoles des 70 communautés que croisent les trains. Médecins et infirmières sensibilisent ainsi les enfants via des spectacles de marionnettes et autres planches à dessins autour des thèmes liés à la santé et l’hygiène. L’arrivée du Phelophepa II en 2012 a permis de doubler les capacités de soins. Désormais quelque 375.000 patients sont soignés chaque année.

Outre l’impact médical du projet, on observe aussi des bénéfices sur le plan social. Il permet notamment de lutter contre les discriminations et de faire tomber certaines représentations à la peau dure. Forts d’un personnel et de patients issus d’horizons pluriels, les Phelophepas constituent des creusets en mouvement de la nation arc-en-ciel. C’est sans doute aussi pour cette raison que le projet a reçu en 2008 le prix des Nations Unies pour le service public.

Nicolas Blain

Plus de détails en images avec ce reportage (à 42’33’ ‘) signé Des trains pas comme les autres

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