L’Investissement Socialement Responsable accélère le développement des entreprises sociales

16 août 2013 14 h 38 minDéposez le 1er commentaire

L’Investissement Socialement Responsable (ISR) a le vent en poupe. Le secteur ne représente pour le moment qu’une part modeste de la gestion d’actifs (1 à 3% en France) mais les relais de croissance sont partout et l’ISR gagne chaque année en importance (+ 69% en 2011, + 29% en 2012 selon Novethic). Mais selon quelles spécificités et quels objectifs pour quels résultats sur le terrain ? Zoom sur ces investisseurs pas comme les autres, qui ne font pas de la rentabilité à court terme leur critère de sélection n°1.

Des acteurs qui émergent

ISR

© Sunsawang

On distingue traditionnellement deux grandes familles d’investisseurs. D’un côté les fonds financiers pour qui l’investissement constituent leur cœur de métier, de l’autre les grosses entreprises industrielles. Celles-ci sont généralement moins ambitieuses au niveau de la rentabilité financière des projets dès lors qu’elles espèrent réaliser des synergies d’activités au niveau du groupe.

Depuis quelques années certains fonds, financiers ou industriels, parfois au travers de filiales dédiées, ont décidé de se spécialiser dans le financement d’entreprises à fort impact social. Acumen, Bamboo Finance (cofondé par Ashoka, le réseau d’entrepreneurs sociaux) ou Danone Communities jouissent déjà d’une solide réputation dans le milieu.

En quoi ces nouveaux venus diffèrent-ils de fonds d’investissement classiques ? Concrètement ces bailleurs de fonds n’exigent pas une rentabilité financière élevée et quasi-immédiate de leurs partenaires. Ils comprennent que la mission sociale de l’entreprise a un coût qui peut porter préjudice aux indicateurs financiers scrutés de très près par les acteurs plus traditionnels.

L’accompagnement au-delà du financement

Autre différence et non des moindres, ces investisseurs éthiques coachent les entreprises qu’ils financent en leur permettant d’accéder aux compétences et aux savoir-faire du fonds d’investissement, habitué à accompagner les start-ups dans leur changement d’échelle. Par exemple, Glow, la filiale thaïlandaise de GDF-SUEZ a promis d’apporter son expérience en matière de négociations à SunSawang, entreprise sociale thaïlandaise qui a fait de l’accès à l’électricité pour tous son cheval de bataille.

SunSawang est un social business doublement heureux car le fonds d’investissement Rassembleurs d’Energie du groupe GDF-SUEZ a validé en juin dernier un investissement de 150 000€ sur 5 ans. Cette enveloppe financera les premières années du développement de l’entreprise.

Ni charité, ni « social washing »

Mais ne nous y trompons pas, ces investisseurs d’un nouveau genre ne font pas pour autant de la charité. A l’instar de n’importe quelle entreprise, l’entreprise sociale financée devra suivre ses comptes de près et être en mesure de faire fructifier l’argent investi. En plein développement, l’élan de l’ISR est d’autant plus utile que les entreprises accompagnées, en faisant de l’impact social leur principal objectif, s’imposent des contraintes supplémentaires en comparaison aux entreprises dites « classiques » : salaires permettant aux employés de vivre dignement, prix abordables pour des consommateurs très pauvres, facilités de paiement…

Difficile aussi de taxer ce phénomène de « social washing » quand on sait que certains fonds ne pratiquent que cette activité (et n’ont donc rien à se faire pardonner à côté)… Même s’il est vrai que les montants investis par des grands groupes industriels sont généralement dérisoires en comparaison de leur bénéfice annuel.

Quant à l’effet de mode, il est indéniable. Toutefois le mouvement de l’ISR est profondément ancré et ses perspectives de développement sont immenses à l’heure où l’entreprise est de plus en plus envisagée comme une solution de choix dans la résolution de problèmes sociaux, en lieu et place, notamment, des politiques publiques et du travail des ONG.

Paul Diesler

Etudiant en commerce à Lille et membre du projet Student Consulting for Development. SCD 2013 est une association de 5 étudiants de l’EDHEC qui mettent à profit leur année de césure pour venir en soutien à des initiatives locales à l’étranger en collaboration avec des acteurs de l’économie sociale et solidair.

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