Les femmes à l’avant-garde de l’innovation sociale

1 juillet 2013 14 h 11 min1 commentaire

Le  dernier livre de la journaliste américaine Hanna Rosin The End of Men : voici venu le temps des femmes met en lumière le terrain conquis ces dernières années par la gente féminine dans les domaines politique, économique et technologique. Coup de projecteur sur deux visages qui incarnent l’élan féminin de l’innovation sociale.

Développer la complémentarité

Pia Doisy - Mary Fil Ethnic

Pia Doisy © Ashoka

Décennie 2000. Le monde de l’entreprise amorce un virage environnemental largement médiatisé. Plus discrète, la féminisation de ses rouages s’opère au même moment. L’ère de la traditionnelle organisation pyramidale des ressources humaines s’essouffle. Exit la seule logique du rapport de forces. Aujourd’hui les équipes de management proposent un système de valeurs davantage insufflées par des sensibilités féminines. Celui-ci fait la part belle à l’intuition, la transmission et la participation. Il tend à concilier ce qu’on avait pris l’habitude d’opposer : émotivité-rationalité, intuition-pragmatisme, artisanat-technologie.

Pia Doisy en est l’exemple. La fondatrice de Mary Fil Ethnic, témoigne de sa volonté d’innover en faisant tomber les barrières et rapprochant les univers. Son entreprise sociale lance une collection d’accessoires de mode fabriqués en collaboration par des brodeuses indiennes et des femmes du Nord-Pas-de-Calais. « Le projet revalorise les savoir-faire en broderie de part et d’autre de la planète par une mise en valeur de leur complémentarité » expliquait-elle lors du dernier Dreamstorming d’Ashoka le 25 juin dernier.

Ouvrir les espaces pour rapprocher

Donner du sens au travail via une valeur ajoutée sociale est aujourd’hui le leitmotiv de nombreuses femmes. Odile Decq, architecte urbaniste ne se revendique pas architecte féministe mais défend l’altruisme de ses créations. Observant la solitude croissante des citadins, Odile Decq et son équipe dessinent des installations qui facilitent les rencontres.

Par les lignes courbes du mobilier et l’ouverture des espaces, elle cherche à favoriser l’échange et la convivialité. Le Restaurant Phantom de l’Opéra de Paris en est l’illustration. Celle qui entend avant tout mettre de l’humain dans l’urbain souhaite que ses créations « servent à quelque chose, améliorent la vie des usagers » confiait-elle aux 5è Rencontres Nelly Rodi pour l’Innovation organisées sur le thème La femme est-elle l’avenir de l’homme ?.

Cette agilité à innover et penser à long terme via une conscience sociale aiguë pourrait bien permettre aux femmes de briser enfin le plafond de verre de l’entreprise. Et de faire aussi un pas de plus vers l’égalité salariale.

Estelle Grenon

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