5 bonnes raisons de manger des insectes

28 août 2013 14 h 17 min10 commentaires

Des insectes dans nos assiettes ? L’idée peut effrayer certains. Criquets et autres sauterelles feront pourtant sans doute partie de nos repas dans les années à venir. Contrairement aux idées reçues, en plus d’être savoureuses, ces jolies petites bêtes ne manquent pas d’atouts sur le plan environnemental, économique mais aussi en matière de santé humaine. Expert à la FAO, Paul Vantomme décrypte pour Courant Positif 5 bonnes raisons de manger des insectes.

Les insectes complètent les régimes alimentaires d’environ 2 milliards de personnes dans le monde, principalement en Asie, Afrique et Amérique latine. Ils font partie de l’alimentation humaine depuis l’Homo Sapiens. D’ici 2030, plus de 9 milliards de Manger des insectespersonnes devront être nourries, tout comme les milliards d’animaux élevés par l’homme pour son alimentation. Une des nombreuses façons de répondre au défi de la sécurité alimentaire humaine et animale est d’envisager l’élevage d’insectes. L’utilisation d’insectes dans l’alimentation humaine et animale présente de nombreux avantages.

1)  Manger des insectes est bon pour la santé

Si la valeur nutritionnelle des insectes dépend de leur stade de vie, de leur habitat et de leur alimentation, il est largement admis que les insectes fournissent des protéines et des nutriments de haute qualité. Ils sont riches en fibres et en oligo-éléments tels que le cuivre, le fer, le magnésium, le manganèse, le phosphore, ou encore le sélénium et le zinc. C’est peu dire ! Egalement riches en acides gras, la plupart des espèces d’insectes représentent de précieux compléments alimentaires notamment pour les enfants sous-alimentés. Les insectes affichent en outre un faible risque de transmission de maladies zoonotiques (maladies transmises des animaux aux humains) comme la grippe aviaire ou la maladie de la vache folle.

2)  L’élevage d’insectes est aussi bon la planète

Le taux de conversion alimentaire représente la quantité de nourriture requise pour produire une augmentation de poids de 1 kg. Chez les insectes, ce taux est extrêmement efficace. En moyenne, 2 kg d’aliments sont nécessaires pour produire 1 kg d’insectes, tandis que les bovins exigent 8 kg d’aliments pour produire 1 kg de viande. Par ailleurs ce fameux taux varie en fonction de l’espèce et des techniques de production utilisées. Toutefois la production de gaz à effet de serre par la plupart des insectes est susceptible d’être inférieure à celle de l’élevage conventionnel de bétail (excepté les termites). A titre d’exemple, les porcs produisent entre 10 à 100 fois plus de gaz à effet de serre par kilogramme comparé à l’élevage des criquets. Enfin, les insectes demandent beaucoup moins d’eau que l’élevage de bétail conventionnel (porcs, bovins…).

3)  Les insectes favorisent le développement économique

Peu coûteux et faciles à réaliser, la collecte à l’état naturel comme l’élevage d’insectes peuvent offrir d’importantes stratégies de diversification des moyens de subsistance pour les personnes pauvres dans les pays en développement. Ils constituent également des opportunités de revenus supplémentaires pour les exploitants agricoles de toute tailles issus des pays émergents et développés. De plus, les insectes peuvent être transformés pour l’alimentation humaine et animale de manière relativement simple. Certaines espèces peuvent même être consommées entières. Et comme les opportunités ne manquent pas, les insectes peuvent encore être transformés en pâtes ou broyés en farine, et leurs protéines peuvent être extraites.

4)  Leur production est socialement plus équitable

Photo: ©FAO/Y. Chiba

Contrairement aux bovins, l’élevage d’insectes ne requiert pas l’utilisation ou la possession de terres ni d’investissements de démarrage importants. Et étant donné que cet élevage peut aussi se faire dans des zones urbaines et à très faible coût de production, un grand nombre de personnes modestes peuvent s’initier et participer à la production d’insectes. Ce, à la fois pour leur propre subsistance mais aussi pour alimenter les filières agro-alimentaires, y compris pour fournir une base alimentaire aux élevages de poissons et poulets.

5)  L’élevage d’insectes ne phagocyte pas les graines utiles à la nutrition humaine

Dernier atout et non des moindres, l’un des grands avantages de l’élevage d’insectes est que ces derniers peuvent se nourrir de déchets organiques, de compost et de lisier. Autrement dit leur élevage ne requiert pas l’utilisation de graines comme le soja, le maïs ou le blé très largement utilisées dans l’élevage des poulets, porcs ou bovins. En conséquence, opter pour l’élevage et la consommation d’insectes, permet aussi d’orienter ces graines vers l’alimentation humaine plutôt que de les voir utilisées en faveur de l’élevage d’animaux.

Paul Vantomme – Expert au département des forêts de la FAO

Plus d’informations sur le sujet sont disponibles dans ce rapport (en anglais).

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10 commentaires

  • Bonjour,

    Devant toutes ces bonnes raisons d’élever des insectes — qui seront effectivement certainement de plus en plus d’actualité — on peut se poser la question : pourquoi cette pratique est-elle si peu répandue voire interdite dans les pays occidentaux ?

    Est-ce une raison purement culturelle, ou bien aussi économique, politique ou autre ?

    • Le commentaire date de 6 mois, mais mieux vaut tard…

      Une réponse anthropologique :
      Toutes les cultures et religions associées ont des tabous alimentaires. Celui de la culture d’influence judéo-chrétienne est une extension du tabou de l’anthropophagie : on ne mange pas d’animal qui pourrait théoriquement s’être nourri de la viande d’un humain. Si vous y pensez vous remarqueriez que notre régime est remarquablement dépourvu de tout carnivore.
      De plus, les insectes, les larves particulièrement, sont symboliquement associées à la mort, la décomposition des corps et la pourriture des aliments, ils sont de fait considérés comme inconsommables/repoussants/sales.

      C’est donc avant tout un tabou socio-culturel à faire sauter. Les résistances économiques et politiques sont inexistantes car la consommation d’insectes est totalement anecdotique, il faudrait que cela devienne un phénomène de masse pour susciter des réactions dans l’industrie de l’élevage (par exemple).

    • Salut Nicolas,
      Certes, l’élevage d’insectes est important pour l’avenir
      car cela apporte beaucoup de choses à notre planete (effet de serre, proteine…)
      MAIS, dans les pays occidentaux (je suis dedans:)), l’alimentation d’insectes n’est même pas envisager et envisageable.
      C’est une question d’ethique…

      Personnellement, je ne mangerai jamais (sauf sous cas d’EXTREME urgence).
      Excuse-moi si tu es contre mon avis mais je vais t’expliquer pourquoi.
      D’une part, les insectes ne sont pas des animaux d’ elevage, à part entière.
      Ex: Une araignée, chez toi, tu ne vas pas chercher à la manger mais plutôt à l’écraser ou la mettre dehors.
      D’autre part, Je mange du cochon, de l’agneau, du boeuf…
      ET JE NE M’EN PASSERAI JAMAIS :)

      J’espere avoir répondu à ta question, donc c’est une question d’éthique.
      Comme si tu mangeai un de tes amis
      Ca se fait pas, pourquoi? Question D’ethique, pourtant ca rapporte des proteinse… Question D’ethique
      C’est exactement la même chose avec les insectes.
      Salut;)

      • Matteo : ça me fait mal au cœur de voir le peu de profondeur dans tes propos..
         » Une araignée, chez toi, tu ne vas pas chercher à la manger mais plutôt à l’écraser ou la mettre dehors. »
        si tu trouvais un porc chez toi ou si tu trouvais un poisson dans la cuvette de tes toilettes tu chercherais à les manger ??
        La consommation d’insectes est freinée par l’appréhension de la population mais aussi par une Loi Européenne qui interdit la consommation et commercialisation des aliments qui étaient peu ou négligeable dans leur consommation en Europe avant 1997.
        Et la question n’est pas de savoir si TOI consommerais des insectes mais si la population le ferais..
        Je ne m’attarderais pas plus sur ta comparaison « comme si tu mangeais un de tes amis… ça me brule les yeux.

  • également a découvrir le site http://www.food-cricket.com
    sucettes insectes larves et criquets

  • mais franchement, c’est n’importe quoi… comme si on ne torutrait pas assez de bêtes comme ça… les insectes ont leur raison d’être… respectez-les !!!

  • Cher Nicolas,
    Je vis en Afrique, en RDC, plus précisément. J’ai visité quelques pays occidentaux (dont la Belgique, l’Allemagne, la France). En plus, je mange les insectes notamment la sauterelle (criquet et grillon) et je suis en train de rédiger un livre sur cette espèce d’insectes (la sauterelle). Pour en venir à ta préoccupation, je commencerai d’abord par dire que l’élevage des insectes tel que préconisé à Kinshasa (capitale de la RDC) dans un projet de la FAO vient surtout répondre au besoin alimentaire. Il y a d’autres avantages bien sûr.
    Les pays occidentaux sont loin de souffrir de ce problème. Le jour qu’ils en souffriront, je te donne ma main à couper, qu’ils se lanceront tous dans l’élevage des insectes. Devant la fin, l’éthique se corrompt. La question de tabou est vraie mais elle devient fragile aussi en cas de menace de faim.
    Je connais beaucoup d’Occidentaux qui viennent en Afrique et qui s’intéressent à la consommation des aliments typiques à l’Afrique dont les insectes.
    L’élevage des insectes est d’abord à encourager dans les continents et pays ravagés par la famine. Les pays occidentaux souffrent moins de l’alimentation. Ils ne pourront s’y intéresser que plus tard, peut-être pour aider les pays en proie à la crise.

    Merci

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